...
Mon téléphone sonne dans ma poche
Je le regarde attendri
Je m’adresse au public
…
Depuis quelques temps m’appelle
Isabelle en cachette, même d’elle
là j’écoute, j’entends
des non dits, mais plus encore
le son de son jean
le froissement de ses jupes
le monde l’entourant
mais je sais …
cela ne vient pas vraiment d’elle
ce n’est pas vraiment pour moi
aussi, je l’enfourne sans tarder
mon téléphone pour que dialoguent
et se retrouvent enfin,
sa poche et la mienne …
…
Je sais,
j’ai toujours apprécié les Isabelle …
elles ont toujours un truc de spécial
un sourire des yeux, une malice
à moins que je confonde …
car, voyez vous, j’ai toujours emmêlé
les Isabelle et les Elizabeth …
et aussi les Cécile avec les Céline
(ça n’a presque rien à voir pourtant)
je connais très fort mon handicap
du coup, quand je croise une Isabelle
je compense à un point tel que j’pense
que c’est peut être une Cécile
et là j’galère car
j’ai toujours apprécié les Cécile …
elles ont toujours un truc de spécial
un sourire des yeux, une malice
à moins que je confonde …
car, voyez vous, j’ai toujours emmêlé
les Céline et les Cécile …
et aussi les Christine avec les Christelle
( ça n’a presque rien à voir pourtant)
je connais très fort mon handicap
du coup, quand je croise une Céline
je compense à un point tel que j’pense
que c’est peut être une Christine
et là j’galère car
j’ai toujours apprécié les Christine…
elles ont toujours un truc de spécial
un sourire des yeux, une malice
à moins que je confonde …
car, voyez vous, j’ai toujours emmêlé
les Christine et les Christelle …
et aussi les Sophie avec les Sylvie
(ça n’a presque rien à voir pourtant)
je connais très fort mon handicap
du coup, quand je croise une Christine
je compense à un point tel que j’pense
que c’est peut être une Sylvie
et là j’galère mais …
J’me dis bien fort :
« t’as eu de la chance, mon gars !!
dans ta génération il n’y avait pas
d’Aline et d’Alice !! »
…
à propos d’Alice …
…
Par inadvertance l’autre soir
j’ai (encore) marché sur mon chat,
MIOOUUCCCCOOOOUUUIIIIAAAACC !!!
(fit-il)
Comprenez,
moi et ma cuisine c’est une danse …
Deux pas à gauche ?
les couverts
Pas chassés ?
lave-vaisselle
Pas en arrière et demi tour ?
les bols
Puis quand je vais à mon évier,
mon évier …
je ne vous en parle pas …
Mais, bref , dans ce ballet symphonique
y a toujours un
CCCOOOUUAKK !!
(ou autre)
celui du chat
(que je dois rassurer dans l’instant)
Malgré tout,
dans ses cris distordus
il y a une magie
une harmonie de notes impossibles
un son venu d’ailleurs …
Il serait intéressant
d’imaginer mon ballet
dans une cuisine envahie
de chats …
Mes « oups ! pardon ! excuse »
s’entrecouperaient
de sons gutturaux
étranglés
écrasés
dissonants
Qui créerait l’œuvre contemporaine de référence
( au visuel toutefois très « hotte ») :
« Ballet pour plan de travail, évier et entrechats !! »
…
Je ne sais pourquoi quand je rentre dans ma cuisine
toujours,
j’inspire profondément.
C’est comme quand je fais la bise à quelqu’un :
gauche
inspiration
droite.
Bref, ce matin l’inspiration…..
…fut coupé dans son élan
par le chat
il avait tout embaumé.
Toutes mes portes Ikéa
(bien refermées)
suffoquaient, interdites
Même ma hotte qui d’habitude est
si impériale, dominante
ne savait que faire
Comment est-il possible qu’une chose si menue
puisse produire un tel Tchernobyl domestique ?
Nos vers à soie les font parfumées
notre hamster les fait sèches
nos poissons font dans l’eau
et il y a des chiens
(pour dire)
qui vont à la chasse …
Si je dois prendre ça pour une farce
disons le tout net :
J’ai droit au chat pitre …
…
C’est tout mon chat Pimousse ça
Il crapahute dès le matin
monte la butte, mange les herbes
défend son territoire mais aime
faire des roulades avec Sushi
des manières avec Coquine
scrute le moindre vent
filature les fourmis
coince les mouches,
sa bulle
dès qu’il peut
Il parle dehors
je l’entends
parle seul souvent
s’agitant
Il rêve de gouttières
mais est si peureux
qu’il oublie …
Il attrape sa queue
qui s’enfuit
dès qu’elle peut
Pimousse est un sacré aventurier
le jour
qui aime revenir le soir
faire caca
…
Ce n’est pas de tout repos la vie de cuisine, preuve en est…
…
Je me suis fait attaqué, croyez vous ?
par la célèbre pate à tartiner au noisettes
avec une petite cuillère par surprise, hop !
alors moi, pensez-vous, j’ai une fierté,
zou, blam ! dans le lave vaisselle …
Mais ceci est mal considérer la coquine,
c’est par le biais d’une grosse cuillère,
carrément, qu’elle voulut se venger,
c’est ainsi qu’après l’assaut de mon palais,
son arme termina dépite dans l’évier …
Et là, prise de folie, elle m’assiégea,
avec une grosse banane, des biscuits,
une pointe de couteau et plus encore,
tout ce qui lui tomba sous la main,
la bagarre fut rude mais j’en vis la fin …
par manque de pot …
…
A propos de pot, dans mon frigo il y a ….le dieu piment
…
O Dieu Piment !
tu as trouvé grâce
refuge et autel
au fond d’mon frigo
sache qu’a hauteur
de mon regard je te prie
de ne pas me tenter
de ne pas me faire mal
tu es pour moi
une Ferrari
que si je conduis
en fossé je finis
un viscéral geyser
où doubles effets kiss-cool
me font crier ma mère
O Dieu piment !
quand ma main te touche
que savons et douches
ne peuvent t’enlever
que mes doigts en bouche
savent me rappeler
que yeux et nez
il ne faut pas effleurer
qu’il faut se retenir
d’une envie pressante
pour ne point être luciole
à un gênant endroit
O Dieu piment !
si l’oiseau de Martinique
file la …
toi tu sais, l’antillais
me rendre avion
à et sans réaction …
…
Toujours m’impressionne
ce placard de ma cuisine,
non, pas celui des couverts, bien rangé,
celui des pates, bocaux et farines
Dès qu’ouvert, il dresse remparts,
me disant :
« hop ! passez votre chemin, ne voyez-vous pas ?
c’est complet ! »
ne semblant point disposés à laisser entrer
d’autres boites, d’autres paquets
comme si l’intrus par ma main intronisé
allait percer le secret de son fond oublié
où les graines mités et les conserves bombés
tiennent les autres en bouclier et en respect
alors … pour insérer l’achat fraichement acheté
de la porte je me sers souvent de levier
je les entends couiner, s’écraser, s’esquicher…
passé un moment, celui du silence restauré
j’ouvre à nouveau et les vois pavoiser
me dire sans sourciller :
« hop ! même pas mal
passez votre chemin, ne voyez vous pas ?
c’est complet ! »
…
Et là juste au dessus du placard :
;;;
« Prenez celui-ci c’est le plus puissant »
par ce biais voici comment
le grille pain chromé
dans ma cuisine débarquait
des bouts de pain innocents
allèrent le saluer
cherchèrent dans ses flancs
où se réchauffer
mais n’eurent comme réponses
qu’enfer et brasier
et d’amitié ? pas une once
de la mie cramée
et depuis toujours
j’assiste aux massacres
je coupe le courant
et ne peux agir
car bouts de doigts échaudés
de lui restent loin
attendant si vraiment
il sait refroidir
grille pain tout chromé
dans ma cuisine fait flotter
l’odeur du brulé
le frisson du danger
…
Je vous ai bien dit que tout était en ordre dans ma cuisine ?
rappelez-vous deux pas à gauche… ?
pas chassé… ?
pas en arrière et demi-tour ?...
…
Logiquement
chaque chose devrait avoir sa place
chaque place devrait avoir sa chose
c’est, pour moi, une philosophie
l’avantage ?
c’est qu’on ne cherche rien
hop on trouve de suite
sous la main
mais dés qu’on trouve l’objet
on touche à l’ordre des choses
on le déplace
mais …
pour le mettre où ?
à la place d’une autre chose
se déplaçant aussi
sur la place d’une autre chose
bon …
calmons nous …
s’il y a que trois choses
ce n’est pas trop grave
je maitrise
ça fait comme une ronde
et là en faisant bien gaffe
de faire trois fois trois neuf
neuf déplacements calculés
tout revient à sa place
( hop !)
bon , j’m’applique
mais en fait
c’est souvent la pagaille
…
C’est comme
…
mon robinet
n’importe quel robinet
a l’eau chaude à gauche
l’eau froide à droite
rouge…gauche
bleu…droite
chez moi, non
c’est vers moi
ou pas vers moi
de plus,
je me suis trompé
dans les branchements
ce qui fait que le bleu
(vers moi)
s’est transformé en rouge
(dans ma tête)
Donc
jusqu'à maintenant
l’action d’ouvrir la vanne pas vers moi
est pour l’eau…froide
les tubes ont explosés
j’ai tout réparé
remis dans l’ordre (et hop !)
là, à présent je sais !!!
ouvrir vers moi c’est …
pour l’eau froide …
…euh …
à moins que …
non …
…
Et voilà, avec tout ça ce qui devait arriver arriva.
Je ne sais plus, accrochez-vous,
je ne sais plus où je suis …
J’ai déjà perdu mes clefs,
souvent même,
il faut dire qu’elles se logent à de ses endroits,
elles n’y mettent pas du leur …
J’ai souvent perdu la tête,
mais bon,
je me rassurais toujours,
me disant :
« je l’ai à portée de main » …
Mes téléphones ?
(deux de l’operateur, deux du Fournisseur internet,
un du boulot, un mobile perso)
Ça, tout le temps !
m’enfin,
dés que j’en trouve un,
j’appelle les autres.
Ces fils phoniques les rendent cousins,
enfin demi-frères
( ils ont le même père )
Ce matin même, j’ai perdu mes chaussures,
vous m’auriez vu crier partout :
« CHAUSSURES,CHAUSSURES, AUX PIEDS !!!! ».
J’avais l’air débile.
Car effectivement,
comment voulez vous que des chaussures me répondent ?
Ce n’est pas parce qu’elles alternent
entre le plancher des vaches et
le fait de voler au raz des pâquerettes
qu’elles accepteraient le fait d’être mises plus bas que terre.
Car lacets de mon impatience,
ni l’une ni l’autre fit un pas en avant.
Je les soupçonne même d’avoir,
à ma vue,
tourné les talons,
se répliquant une à l’autre :
« Mais, de quoi il semelle ? ».
Le problème, voyez-vous,
c’est que je me rappelle toujours
où se sont les choses,
historiquement,
mais jamais jamais
dans l’actualité …
Alors du coup je cherche cherche
partout où l’aura d(u)(e la)disparu(e) erre
et je m’attarde sur tout ce qui n’est pas à sa place
ceci jusqu'à perdre de vue ma quête …
Je n’aime pas perdre de vue
les gens que j’aime
les choses aussi.
J’ai un aspirateur sans sac
Avec un corps transparent
l’autre jour …Ppffffvouppp …
il a avalé un bout de bolduc
il s’est trouvé plein d’amis
ça fait un air de fête dans l’aspiro
de carnaval et de samba
position moquette ? c’est du tango …
Enfin bref, je m’égare,
encore,
revenons à moi...
MAIS …
où est le chemin ?
oui , rappelez-vous ,
je vous ai confié le fait que je m’étais perdu.
Je ne pourrais pas vous dire où,
car sinon, j’irais me chercher dans l’instant …
J’suis perdu, perdu, perdu.
Le dernier souvenir que j’ai de moi c’était …euh …
EN TOMBANT DE L’ESCALIER !!!!
Apres ? … euh ….plus rien …
je devrais retourner là-bas voir si j’y suis
mais comment ?
à pieds ?
mais faudrait-il que j’ai des jambes
pour les porter ses pieds
dans des chaussures que je n’ai pas vu
car je n’ai plus d’yeux …
Car de moi,
j’ai tout perdu,
depuis dans l’escalier la chute,
la chute de cette histoire
cette histoire
sans queue
ni tête
…
après un tour sur moi-même,
réconfort
,je me suis retrouvé
Manifestement, je bataille avec des choses sous mes doigts
(Bruits de sachets en plastiques)
…...
Au supermarché
Sachez que sachets
toujours me résistent
mes mains se crispent j’humecte, fricote chauffe, débats, frotte les insolents contenants
les ménagères me tannent les fesses par caddies
« oups ! pardon , excusez moi »
« il n’y a pas de quoi »
Alors mes quêtes reprennent me suis-je trompé de coté ? pourquoi les autres et pas moi ? ai-je des trop gros doigts ?
et tout autour à la ronde les sacs toujours s’emplissent me laissant seul, seul au monde parmi courgettes et navets
dans chaque rouleau il y a quelques sacs oblitérés ils me traquent et m’attendent dès mon bout de nez pointé
dans ses combats prémédités victoire je veux souhaiter et dans l’espoir d’une poêlée je m’en vais voir aux légumes …
…surgelés
…
Je suis contrarié
…
Et voilà !
Ça c’est le truc qui me rend complètement fou.
Le moment où, arrivé au supermarché je me rends compte que je ne sais pas où se trouve ma liste de course. Cette feuille de bristol à petits carreaux vert pale cartonné que j’ai décroché des autres juste avant de partir.
Je me rappelle bien, l’avoir fait glisser de la pince à linge du support mural de condiments , non sans avoir recadré toutes ses autres fiches bristols vert pales consœurs . Mais là, où s’est elle cachée ?
Je me rappelle tout d’elle, la texture de sa peau, le son qu’elle fit quand elle se plia sous mes doigts, puis, son regard quand je m’approchais…
J’ai en horreur l’idée qu’elle soit seule, qu’elle ait peur, nous qui avons déjà tant partagé … ces moments où l’appréhension de manquer de café, de chapelure s’estompait quand elle s’écrivait si bien, sans crisser un instant.
Nous qui avons tant ri lorsque nous avons vu ensemble que les cornichons et les concombres se suivaient comme des enfants précédant leurs mamans.
Puis que dire de son désir de séduction quand elle me proposa un jour, au détour d’un regard l’air de rien, de n’acheter que des articles en c pour qu’elle ne me paraisse jamais négligée.
Oui, ainsi tout les c se retrouvaient convenablement alignées sur la ligne verticale du deuxième petit carreau, ce qui convenait parfaitement à ma cuisine, elle si coquette et soucieuse de le rester (nous en avons parlé ensemble justement hier soir). Cela scella entre nous trois un grand moment d’harmonie…
Où est-elle ? Veut-elle éprouver mon attachement ? Ressentir ma souffrance de tant de négligence ? Moi, qui d’habitude la cale avec soin dans le coin de mon cabas calé dans mon caddy, qui la sait là, me rassurant de sa présence.
Entre nous ces mots que sont cidre crêpes crevettes carottes choux canards comté crépinette camembert champignon ciboulette chocolat croquettes de chat cacahouètes cookies confiture de coings côtelettes sont autant de promesses d’amour dont les c alignés sont des parenthèses jamais fermées… des horizons ouverts …
On pourrait me dire : mais tu n’en a pas besoin, tu prends toujours les mêmes produits, méthodiquement et chronologiquement selon ton rituel parcours dans l’hypermarché … vous ne pouvez pas comprendre….pas saisir les concessions mutuelles qui m’ont fait renoncer au Pepsi pour le coca, qui la laisse des journées entières dans la cuisine à m’attendre, sans jamais un reproche ...
Chaque semaine, c’est comme si nous réécrivions notre histoire, l’exaltation d’un territoire vierge où tout renaît, savoir alterner les différentes couleurs de stylos bille pour se surprendre, et dés fois, soyons fous, se saisir d’une plume et d’un encrier pour nous rapprocher … nous rapprocher de l’extase du samedi aprèm …
Je vous le dis discrètement, je ne l’oublierais pas, main sur le cœur …… oooohhhhh, mais j’y croooiiiiiis paaaaaas …. Dans la poche de ma chemise, bien lovée contre moi, comme un papillon blessé, fragile, à ma merci d’un oubli dans la machine à laver.
Ah au fait, la machine à laver dans le cellier près du frigo, quand j’y repense …
Quelle vieille vache !!!
…
Oui, parce que avec mes affaires,
Elle n’est pas toujours chouette
Comme avec mon pantalon
…
Mon 43 fait que
mon 42 me serre
doit se fermer allongé
debout me fait rester
ou alors déboutonné
(si braguette surveillée)
mon 44 est lâche
il me (et se) laisse tomber
me fait porter mon choix
dans des caleçons coordonnés
mon 42 me blesse
m’empêche de respirer
d’écarter trop les quilles
sous peine d’être aéré
mon 44 descend
mon entrejambe à mi-cuisses
me modère dans mes élans
d’écarter trop guiboles
sous peine d’être aéré
et quand le
CCCCRRRRAAACCC !!!
arrive
une fois la honte passée
je me vois dans la joie
de l’avoir enfin
mon 43
…
Je fouille dans mes cinq poches du pantalon
J’y sors plein de trésors
Je trouve enfin mes clefs
…
Mes sorcières de poches …
( les brandissant tel un trophée)
On peut les applaudir
Mes clefs ont des pouvoirs …
de s’envoler, se cacher, disparaître
dés le moment où…
j’en ai besoin …
elles ont le talent de trouver l’endroit où…
il n’y ait pas de logique à ce qu’elles y soient
pour que, soi-disant, malines
je n’arrête pas d’y penser
mes clefs ont des pouvoirs
je n’en suis pas peu fier.
…
Justement, ce matin,
je n’ai pas vu mes clefs
alors hop, sans hésiter,
j’ai pris les doubles …
Mais bon, pour me rassurer,
j’ai cherché si j’avais le doubles des doubles.
Car, comprenez-moi bien.
Si je perds mes clefs,
mes doubles deviennent …
mes clefs …
Là, mes doubles de doubles deviennent des doubles
et pour être pleinement serein
il m’est important d’avoir
un double des doubles des doubles.
Car, entre nous,
machiavéliquement,
toutes ses clefs font les folles la nuit
et se cachent au matin …
…
Dans la nuit, il n’y a pas que mes clefs qui s’agitent :
(Je vais vers un support et je fais )
…
Toc …toc toc toc toc…toc toc…
Chaque soir vers minuit
sur un palier voisin
un code s’active
toc …toc toc toc toc…toc toc…
quels acteurs, quelles quêtes, quels scenarii ?
se jouent, se nouent, se dénouent ?
mon désir poète,
de flottement dans mon profond sommeil
font que je ne veux pas savoir …
au point qu’importe si la porte
nait qu’au fond de moi …
…
au fond de moi j’ai aussi ça …. (mon rire)
…
Savez-vous mon rire ?
un idiot que je me suis inventé
rentré en moi naturellement..
s’échappant en alien , régulièrement .
dés que trop décontracté, en confiance,
il s’envole, le captif indomptable,
et que de l’entendre, de l’entendre
ça me fait rire, rire… et tout autour …
j’ai peur
de lancer sans l’arrêter un jour
une boucle sans fin
une ronde
des tordus en deux …
…
Tordu en deux ça n’arrive pas que par le rire.
Ça arrive aussi grâce au sport, non ? …
…
Les sportifs sont des cons
j’me disais souvent
errant dans les rayons
du décathlon
leurs yeux avides d’équipements
de paraître et
d’objets ridicules
mon adrénaline à moi ?
c’est les mots
avec ?
j’escalade, saute, dévale
me fais peur et
me projette
eux ?
passent à la caisse avec délectation
s’apprêtent à
se crisper les muscles
se courbaturer le tout
en être fier
les sportifs sont des cons
j’me disais souvent
à dépenser leur kilojoules
sur des buts dérisoires
puis
dans ma vie est arrivé
le badminton
félin , malin , racé
partout en criant
j’bondissais
ces trajectoires folles
ces feintes et amortis
ces « le long de la lignes »
ces « au raz du filet »
m’ont rendu fou
tant et si bien
que
j’passais mon temps
au décathlon
là j’assortissais les tenues
avec frénésie
et toujours au moment
d’payer , j’me disais
ah , si j’avais pris la carte !
car comprenez ces
« fond du cours »
« juste dans le coin »
« inclinaisons d’poignets »
« contre-pieds »
m’ont rendu fou
à un point tel que
j’me suis peté l’genou
et
j’me dis bien plus encore
qu’avant
les sportifs sont des cons …
…
Non ?...
Savez vous qui m’agace aussi ? …
Mes voisins …. Et vous ? …
…
Mes voisins sont idiots
ne se garent pas comme moi
ne réagissent pas pareil
s’exclament à tous vents
font comme s’ils étaient seuls
La constance d’un voisin
c’est, qu’il n’a pas son pareil
pour exaspérer
le sien
Mes voisins se traquent
s’épient et mendient
des miettes de l’autre
pour s’en repaitre
en société
jusqu'à
satiété
c’est une constance que
de trouver son voisin
idiot
à un point tel
que je me demande
ce qu’en pense
le mien
…
Sonnerie de portable sonne
Je le regarde attendri
…
Tel un battement de cœur, régulier
il revient toutes les deux heures
se rappeler à moi
comme une caresse.
quelqu’un me pense
incessamment , métronomiquement
ne me laisse aucun message
le démystifiant, le déphantasmant .
un dialogue vibrant
puis musical
le garant receleur
est l’obsédant harceleur
appel masqué de mes nuits et mes jours
je t’aime …
…
Ah , l’amour … l’amour , bien plus encore pour ma glacière …
Si vous saviez depuis combien de temps je l’ai …
Laissez-moi-vous conter une histoire commencée avec elle depuis 5 ans environ …
…
Un lundi matin, comme tant d’autres,
ma tête fourrée dans le fondement,
je pris ma glacière, amoureusement.
Elle avait, surprise, un long drap de tulle accroché.
J’ai compris son message, elle voulait se marier …
Elle, ma compagne m’ayant été si souvent fidèle,
voulait voler de ses ailes, s’éloigner du péché.
En cet instant, j’ai compris son manège,
ses yeux doux et ses manières pour mon thermos.
Je me suis senti trahi,
mais face à l’amour que faire ?
Après tout, lui aussi avait droit au bonheur …
Lui qui comme premier amour avait la cafetière
passant toujours à ses cotés sans le voir
(elle était sacrement culottée).
Que dire de sa passion avec la bouilloire,
frémissante pour lui en ses cris stridents.
Puis de la bouteille d’Evian, sortie du frigidaire,
soufflant le froid dans son chaud …
Je compris d’un coup,
ils sont faits l’un pour l’autre.
Il se blotti dans ses coins, sécurisé, bien calé.
Et ils partent chaque jour, lui dans elle,
se fondre, comme dans un même corps .
Ce matin, quand je les aies réunis,
Je les aies vus, convoler ensemble …
Je fus ému, jaloux, mais après tout qu’importe
de par mon amour pour elle, je ne veux qu’une chose
Qu’elle soit infiniment heureuse ...
Ma douce glacière … au regard vert …
…
Mais la vie n’est pas si simple,
vous les imaginiez dans l’horizon,
l’anse dans la poignée,
plein de petits sacs isothermes autour,
mais …
depuis la glacière s’est entiché d’un jeune,
avec moins de contenance certes, mais …
le vieux thermos, avec le temps, avait des fuites,
toujours aussi chaleureux mais …
dans l’obligation de rester droit …
Je l’aperçois dés fois dans le cellier,
avec pour seul espoir un hypothétique vide grenier,
dans ces moments – là,
je n’ose pas lever les yeux vers lui,
je me sens lâche.
Bien plus encore, quand je lui offre un café …
je sens qu’il n’y croit plus.
C’est sans cœur une glacière, vous savez ?
c’est froid de l’intérieur …
…
Depuis, j’ai réfléchi,
ma glacière est, après tout,
toujours restée à mes cotés,
une fois, je me rappelle, je l’avais gravée,
d’un z qui veut dire Zorro,
qu’un quart de tour transforme en
N qui veut dire Nono,
gravée pourquoi ?
pour ne pas la confondre d’une jumelle
comme si je pouvais me tromper
c’était l’insulter, la déprécier,
ses manifestations étaient, je pense,
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