...
Avant propos :
Pour ce qui est des transitions , je change de masque ...c'est à dire que je passe mes deux mains devant mon visage et je change d'expression ... j'aime cette idée de ne pas regrouper les thèmes , mais jouer avec les contrastes sensibles , délires et délires-sensibles , j'aime l'idée qu'un lecteur(ou) spectateur rentre dans un texte sans trop de repères , les sens sont plus à vifs ...enfin voilà , j'vous embrasse . Je vous souhaite une bonne lecture (patiente) et j’ose me souhaiter plein de remarques et conseils
Bonjour, je suis là pour vous présenter quelques textes de ci de là, je ne sais pas si l’idée de poésie vous parle, vous n’avez qu’a vous dire, auquel cas, que nous allons partager des humeurs et des instants de vie …
( le téléphone sonne dans ma poche , je parais désolé , je m’excuse , je regarde l’écran avec un léger sourire ,
et je partage) :
…
Depuis quelques temps m’appelle
Isabelle en cachette, même d’elle
là j’écoute, j’entends
des non dits, mais plus encore
le son de son jean
le froissement de ses jupes
le monde l’entourant
mais je sais …
cela ne vient pas vraiment d’elle
ce n’est pas vraiment pour moi
aussi, je l’enfourne sans tarder
mon téléphone pour que dialoguent
et se retrouvent enfin,
sa poche et la mienne …
…
Je sais ,
j’ai toujours apprécié les Isabelle …
elles ont toujours un truc de spécial
un sourire des yeux, une malice
à moins que je confonde …
car, voyez vous, j’ai toujours emmêlé
les Isabelle et les Elizabeth …
et aussi les Cécile avec les Céline
( ça n’a presque rien à voir pourtant)
je connais très fort mon handicap
du coup, quand je croise une Isabelle
je compense à un point tel que j’pense
que c’est peut être une Cécile
et là j’galère car
j’ai toujours apprécié les Cécile …
elles ont toujours un truc de spécial
un sourire des yeux, une malice
à moins que je confonde …
car, voyez vous, j’ai toujours emmêlé
les Céline et les Cécile …
et aussi les Christine avec les Christelle
( ça n’a presque rien à voir pourtant)
je connais très fort mon handicap
du coup, quand je croise une Céline
je compense à un point tel que j’pense
que c’est peut être une Christine
et là j’galère car
j’ai toujours apprécié les Christine…
elles ont toujours un truc de spécial
un sourire des yeux, une malice
à moins que je confonde …
car, voyez vous, j’ai toujours emmêlé
les Christine et les Christelle …
et aussi les Sophie avec les Sylvie
(ça n’a presque rien à voir pourtant)
je connais très fort mon handicap
du coup, quand je croise une Christine
je compense à un point tel que j’pense
que c’est peut être une Sylvie
et là j’galère mais …
J’me dis bien fort :
« t’as eu de la chance, mon gars !!
dans ta génération n’y avait pas
d’Alice et d’Aline !! »
...
Par inadvertance,
j’ai (encore) marché sur mon chat,
MIOOUUCCCCOOOOUUUIIIIAAAACC !!!
(fit-il)
Comprenez,
moi et ma cuisine c’est une danse …
Deux pas à gauche ?
les couverts
Pas chassés ?
lave-vaisselle
Pas en arrière et demi tour ?
les bols
Puis quand je vais à mon évier,
mon évier …
je ne vous en parle pas …
Mais , bref , dans ce ballet symphonique
y a toujours un
CCCOOOUUAKK !!
(ou autre)
celui du chat
(que je dois rassurer dans l’instant)
Malgré tout,
dans ses cris distordus
il y a une magie
une harmonie de notes impossibles
un son venu d’ailleurs …
Il serait intéressant
d’imaginer mon ballet
dans une cuisine envahie
de chats …
Mes « oups ! pardon ! excuse »
s’entrecouperaient
de sons gutturaux
étranglés
écrasés
dissonants
Qui créerait l’œuvre contemporaine de référence
( au visuel toutefois très « hotte ») :
« Ballet pour plan de travail, évier et entrechats !! »
…
Je vais vers une table ou un support et je fais :
…
Toc …toc toc toc toc…toc toc…
Chaque soir vers minuit
sur un palier voisin
un code s’active
toc …toc toc toc toc…toc toc…
quels acteurs, quelles quêtes , quels scenarii ?
se jouent, se nouent, se dénouent ?
mon désir poète,
de flottement dans mon profond sommeil
font que je ne veux pas savoir …
au point qu’importe si la porte
nait qu’au fond de moi …
…
Chez moi y a la guerre
la télé du salon (satellisée) ne supporte plus
celle de la cuisine (hertzienne)
car elle est (toujours) de deux temps plus rapide ….
et ça, ça la gave …
elle a l’impression d’être prise pour une vieille conne,
pour un perroquet, l’actrice d’une perpétuelle redite,
puis ça la rend folle quand elle me voit courir
vers l’autre pour savoir de suite la suite
elle se sent doublure, secondaire
puis elle craque bien plus quand elle me voit revenir
vers elle pour revivre encore là où j’ai eu le plus de plaisir
avec l’autre …
et ça, ça la gave …
…
Je vais parler de l’envol des chaussettes …
Oui, vous m’avez bien saisi , je veux vous entretenir des fugues continuelles auxquelles se livrent nos chers attributs pédestres …A en croire que la quête d’une chaussette est de devenir célibataire . Je pense que c’est au sein de la machine à laver que leur plan d’évasion prends forme …
…
L’univers nouveau et fantasmagorique des chaussettes englouties
Le son des tambours ne réveille t’il pas
un trou noir, une faille spatio-temporelle
un pays à chaussettes disparues
là dans ce monde se cherchent :
la gauche et la droite en harmonie,
l’écossais et la rayée
la fantaisie et l’unie
la laine et le coton
la mi-bas et l’hivernale
à cloche pieds se câlinent
et dansent …
leur nouvelles libertés ….
…
Les sportifs sont des cons
j’me disais souvent
errant dans les rayons
du décathlon
leurs yeux avides d’équipements
de paraître et
d’objets ridicules
mon adrénaline à moi ?
c’est les mots
avec ?
j’escalade, saute, dévale
me fais peur et
me projette
eux ?
passent à la caisse avec délectation
s’apprêtent à
se crisper les muscles
se courbaturer le tout
en être fier
les sportifs sont des cons
j’me disais souvent
à dépenser leur kilojoules
sur des buts dérisoires
puis
dans ma vie est arrivé
le badminton
félin , malin , racé
partout en criant
j’bondissais
ces trajectoires folles
ces feintes et amortis
ces « le long de la lignes »
ces « au raz du filet »
m’ont rendu fou
tant et si bien
que
j’passais mon temps
au décathlon
là j’assortissais les tenues
avec frénésie
et toujours au moment
d’payer , j’me disais
ah , si j’avais pris la carte !
car comprenez ces
« fond du cours »
« juste dans le coin »
« inclinaisons d’poignets »
« contre-pieds »
m’ont rendu fou
tant et si bien que
j’me suis peté l’genou
et
j’me dis bien plus encore
qu’avant
les sportifs sont des cons …
…
…
Je suis un mari d’instit…
Est-ce que vous vous doutez la vie que je mène ?
Laissez moi vous conter :
…
Avant les éboueurs, les corbeaux, les fourmis,
les asticots, les moineaux, les souris ,
agit l’institutrice …
guettant toutes boites, bouchons , gobelets ,
pots de yaourts , rouleaux d’essuie-tout ,
de w-c ,
pour si jamais …
une application , un projet pédagogique ,
un cadeau de fête des mères , une idée du ciel ,
les incluaient …
chez lui , le mari paralysé de ne pas savoir ,
si tel objet est pour la poubelle , l’étagère , le garage ,
est dans l’attente ….
chez eux , mille choses flottent , entre vie , mort , sursis ,
dans l’espoir de s’en aller promener …
sur le chemin de l’école …
…
Regarde ce texte
( là je dresse une page avec trois points de suspension )
…
Oui je sais, ce n’est que trois petits points, mais avant d’y arriver, quel chemin !
J’ai pensé à toi, à eux, à ce qui entoure et j’ai foncé. Noirci des lignes comme on escalade un escalier, espérant, souhaitant les paliers comme la vision de nouveaux territoires.
Puis en haut du bâtiment nouveau, au bords des arêtes, j’ai tout cassé, déblayé, gommé, nettoyé au pinceau, gardant l’essentiel.
Ce que je n’ose dire.
…
(même feuille encore)…
…
( je fouille dans mes poches , assez longtemps , je parais réjoui d’un coup , je les aies retrouvé, mes clefs , je les brandis , assez satisfait ) :
…
Mes sorcières de poches …
Mes clefs ont des pouvoirs …
de s’envoler, se cacher, disparaître
dés le moment où…
j’en ai besoin …
elles ont le talent de trouver l’endroit où…
il n’y ait pas de logique à ce qu’elles y soient
pour que , soi-disant, malines
je n’arrête pas d’y penser
mes clefs ont des pouvoirs
j’en suis pas peu fier.
…
Justement , ce matin ,
je n’ai pas vu mes clefs
alors hop, sans hésiter,
j’ai pris les doubles …
Mais bon , pour me rassurer,
j’ai cherché si j’avais le doubles des doubles.
Car, comprenez moi bien .
Si je perds mes clefs,
mes doubles deviennent …
mes clefs …
Là, mes doubles de doubles deviennent des doubles
et pour être pleinement serein
il m’est important d’avoir
un double des doubles des doubles .
Car , entre nous ,
machiavéliquement,
toutes ses clefs font les folles la nuit
et se cachent au matin …
…
Mes garagistes m’adorent
c’est l’idée que j’aime avoir
ils lèvent les bras au ciel
changent de trottoir
pour venir me voir
me voir piéton car
ils m’ont peu laissé d’argent
pour l’essence
ou juste assez pour
me déplacer vers
la panne d’après
la ville d’après
où de nouveau
un garagiste m’aimera
lèvera les bras au ciel
changera de trottoir
pour venir me voir
me voir piéton
forcement
…
Je me suis fait attaqué, croyez vous ?
par la célèbre pate à tartiner au noisettes
avec une petite cuillère par surprise, hop !
alors moi, pensez-vous, j’ai une fierté,
zou, blam ! dans le lave vaisselle …
Mais ceci est mal considérer la coquine,
c’est par le biais d’une grosse cuillère,
carrément, qu’elle voulut se venger,
c’est ainsi qu’après l’assaut de mon palais,
son arme termina dépite dans l’évier …
Et là, prise de folie, elle m’assiégea,
avec une grosse banane, des biscuits,
une pointe de couteau et plus encore,
tout ce qui lui tomba sous la main,
la bagarre fut rude mais j’en vis la fin …
par manque de pot …
…
Voici maintenant un texte sur ce que peut représenter internet pour celui qui s’y penche trop , et sans retenue :
…
Mr Personne cherche
fait son profil, aime
musique, sports extrêmes, théâtre,
littérature, voyages, beaux arts ,
ratisse, ratisse
Mr Personne s’invite
sur la toile ,comptabilise ,
des amis , de ci , de là , de loin ,
se gonfle l’égo tant qu’il peut
Mr Personne pose
des phrases tel des graines,
des harpons,
des balises
oubliant de vivre,
Mr Personne cherche
à devenir quelqu’un ….
…
Vous regardez la star Ac ? allez diites ?
n’ayez pas honte
( signe de la croix avec les doigts avec les jambes un peu écartées , bien en terre , la tête d’un exorciste )
…
Fade et retro Star Ac !!
Star Ac de cette année est rentrée dans le salon,
par la fenêtre là, au milieu,
par celle de la chambre,
celle de la cuisine.
J’ai beau l’exorciser à coups d’Arte, d’M6, qu’importe,
( je sorte ma télécommande, impuissant )
Star Ac de cette année reviens comme un démon …
Gangrène annuelle, on y regarde des enfants,
ce ne sont pas les nôtres pourtant.
Des " je râle" pas intéressants,
des égo sur pattes pas attachants.
Toujours le même néant,
mêmes dialogues bidon ,
mêmes intrigues à la con .
Nous pensons voir des marionnettes …
Sans ressentir les ficelles,
celles dans notre dos …
…
J’ai chez moi un escalier, je ne vous dis pas …
Bon finalement oui
(mais parce que c’est vous, mais c’est un secret pour l’instant).
Chaque matin, une fois que je l’ai descendu je fais un bond dans le temps de quatre minutes
(sur le four, le dvd, le réveil de Léo, etc.).
Quatre minutes comme ça, volatilisées, dingue…dingue !
Du coup, pour vérifier, hop, hop, je remonte vite,
le temps avec, car là partout
(sur l’ordi, le routeur, le réveil de Valérie)
je regagne les minutes perdues.
Que se passerait-il si l’escalier était plus long ou plus court ?
(et surtout quelle essence fait un effet si super ?)
Si je le démontais pour le montrer, l’exposer, le breveter ?
(s’il est en chêne, puis-je le changer ?) .
Je me vois mal chez un homme d’affaires avec lui débarquer, (un escalier, peut-on l’avoir en hêtre ?)
le monter à moitié pour lui faire voir …
(ce serait beaucoup de travail que de le refaire en bouleau ?)
…et lui dire qu’en haut c’est plus tôt alors que lui est en bas ? (l’effet serait ralenti s’il était en frêne ?).
Puis est-ce vraiment pratique ?
Vous perdez vos clefs dans une bouche d’égout par exemple …
Là, vous vous dites :
« Oh là là , mais comme j’aimerais revenir quatre minutes en arrière , mais c’est bien sur ( j’suis bête ) y a mon escalier !!! » ,
Vous le dépliez,
(s’il est en peuplier, peut-il se plier ?) ,
et là tout en haut, en haut,
comment faites vous pour vos clefs tout en bas, en bas ?
Puis, entre nous, mon escalier
(qui me rend barde, j’ai de la veine de l’avoir, je ne suis pas de bois)
rentre dans le sol, il a ici ces racines …
Il restera là, un point c’est tout,
avec ses secrets, tant …
… notre histoire marche ….
…
Ce texte celui là qui arrive pour vous faire partager ce qu’est la condition d’une personne qui a souvent les cheveux longs.
Enfin, je ne vais pas les couper en quatre, voilà :
…
Je suis saisi par l’embarras.
L’autre soir, rentrant chez moi et gêné par le soleil couchant, je me suis saisi des lunettes de soleil que mon collègue avait laissé là .
Les rayons passés, je les remontèrent dans mes cheveux, bien mal m’en a pris car jamais, jamais, je n’ai pu les retrouver …
Un bruissement léger dans mes mèches aurait du m’alerter, surtout qu’il fut suivi d’un petit débattement désordonné (sans doute une branche réclamait désespérément de l’aide) mais après …
Plus rien …. aucune traces de vie …
Puis que dire sur le fait que je me sens obligé de geindre perpétuellement me donnant l’excuse d’une sale migraine puisque ma main gauche y est également emprisonnée…
De plus ma femme me demande si c’est une nouvelle excentricité de ma part coté coiffure d’avoir ce fil électrique et sa fiche male qui pend sur le coté.
Je ne pourrais pas cacher éternellement la disparition du séchoir …
Et si vous saviez les efforts de persuasion que j’ai du déployer pour lui expliquer qu’il était plus tendance de circuler en décapotable en plein hiver.
Oui, puisqu’un jour je suis rentré dans ma camionnette sans me baisser assez (ce qui fut fatal et emporta tout de go , toit, galerie, échelles et escabeaux).
Sans vous vous parlez de l’effroi ressenti lorsque derrière une file d’une dizaine de personnes à la boulangerie, quelqu’un m’appela dans mon dos. Je me retournais et aussitôt la vendeuse me clama :
" Bonjour monsieur, c’est à vous " …
Depuis, entre nous, je rase les murs (mais pas trop, volets volés m’oblige).
Il va me falloir choisir dans l’urgence, la taille ou l’écobuage, car comprenez moi, mon appréhension est que lentement, dangereusement, sur moi mes cheveux retombent …
…
…
…
Mes voisins sont idiots
ne se garent pas comme moi
ne réagissent pas pareil
s’exclament à tous vents
font comme s’ils étaient seuls
La constance d’un voisin
c’est, qu’il n’a pas son pareil
pour exaspérer
le sien
Mes voisins se traquent
s’épient et mendient
des miettes de l’autre
pour s’en repaitre
en société
jusqu'à
satiété
c’est une constance que
de trouver son voisin
idiot
à un point tel
que je me demande
ce qu’en pense
le mien
…
Sans transition
…
Cher monsieur le cambrioleur …
Je m’adresse à vous sans tarder car je me rappelle avoir souhaité très fort, très intensément votre venue prochaine en ma demeure …
D’autre part, pensant à vous et ayant bien conscience de la pénibilité et de la précarité que votre travail engendre, j’ai eu quelques attentions à votre égard.
En effet j’ai, de ci, de là, partout disposé, un peu caché, diverses choses m’étant chères.
Ceci dans le but avouable d’égayez quelque peu vos quêtes, scellant par distance entre nous de forts moments de complicité.
Ce petit jeu, je vous l’accorde, me fait profiter un peu abusivement de vos services.
Oui, cher monsieur, grâce à vous et dans l’élan que vous m’auriez donné, je comptais, après votre passage, tout bien ranger, reclasser et faire le tri de mes affaires.
Vous auriez aussi, vous devinant, (sacré farceur que vous faites), fait table rase de mon congélateur m’assurant ainsi un dégivrage efficace.
Puis votre passage, c’est le plus important, m’aurait permis de me recentrer sur mes cotes trop matérialiste.
Je voulais aussi, si cela ne vous avait pas trop dérangé, que vous m’aidiez à mettre à jour quelques cachettes m’étant devenues obscures
En effet, cela faisait un moment que des livrets d’épargnes m’inquiétaient. Il y a, entre nous, tant de temps que je ne les avais point aperçus qu’il m’arrivait même de douter de leur possible existence.
L’office du temps aidant, il arrive que des champs de batailles recrache bombes et ossements, que les marrés ramènent les esquifs et les bouteilles jetées.
C’est ainsi que dans le déplacement d’un mal aimé pull réapparurent mes livrets rose et jaunes.
Je sais, cher monsieur le cambrioleur, que vous n’êtes pas à mon service et qu’au vu de votre agenda je me dois de ne pas abuser, mais … bien que d’autres choses restent encore égarées, je pense, s’il vous ait possible, de différer un peu votre passage chez moi …
Comptant sur votre compréhension, vous remerciant de votre écoute et votre dévouement, veuillez accepter, cher monsieur le cambrioleur, l’expression de mes plus sincères considérations …
…
Le dimanche, parfois , nous pouvons observer de curieux couples …Ils ont des postures , des démarches inégales , je vais vous conter :
…
Papa est en retard, se le fait reprocher,
prends l’enfant par la main, l’emmène,
le tire un peu, lui parle, l’attends dans ce qu’il est, se penche,
le laisse compter les feux rouges, le temps qui passe.
Papa ne sait plus dire non, mais on ne lui demande rien,
il jongle alors avec les frites le poulet rôti le hamburger
la barbe à papa les gaufres les crêpes les places de ciné,
dans l’espoir d’un sourire, un regard, un merci …
Mais déjà, il est en retard, se le fait reprocher,
par le nouveau qui au portail saisi l’enfant,
ils partent au bout de l’allée, loin de lui,
loin de dimanche prochain, trop loin.
Papa chez lui touille ce qu’il a sous la main,
dans un grand verre de bourbon pour que ça passe,
rêve dans ses phalanges celles de l’enfant,
le rêve si fort qu’il
se crispe, se crispe
et s’endort …
…
Et voilà, ce qui devait arriver arriva.
Je ne sais plus, accrochez-vous,
je ne sais plus où je suis …
J’ai déjà perdu mes clefs,
souvent même,
il faut dire qu’elles se logent à de ses endroits,
elles n’y mettent pas du leur …
J’ai souvent perdu la tête,
mais bon,
je me rassurais toujours,
me disant :
« je l’ai à portée de main » …
Mes téléphones ?
(deux de l’operateur, deux du FAI, un du boulot, un mobile perso)
Ça, tout le temps !
m’enfin,
dés que j’en trouve un,
j’appelle les autres.
Ces fils phoniques les rendent cousins,
enfin demi-frères
( ils ont le même père )
…
Ce matin même, j’ai perdu mes chaussures,
vous m’auriez vu crier partout :
« CHAUSSURES,CHAUSSURES, AUX PIEDS !!!! ».
J’avais l’air débile.
Car effectivement,
comment voulez vous que des chaussures me répondent ?
Ce n’est pas parce qu’elles alternent
entre le plancher des vaches et
le fait de voler au raz des pâquerettes
qu’elles accepteraient le fait d’être mises plus bas que terre.
Car lacets de mon impatience,
ni l’une ni l’autre fit un pas en avant.
Je les soupçonne même d’avoir,
à ma vue,
tourné les talons,
se répliquant une à l’autre :
« Mais, de quoi il semelle ? ».
Le problème, voyez-vous,
c’est que je me rappelle toujours
où se sont les choses,
historiquement,
mais jamais jamais
dans l’actualité …
Alors du coup je cherche cherche
partout où l’aura d(u)(e la)disparu(e) erre
et je m’attarde sur tout ce qui n’est pas à sa place
ceci jusqu'à perdre de vue ma quête …
Je n’aime pas perdre de vue
les gens que j’aime
les choses aussi.
J’ai un aspirateur sans sac
Avec un corps transparent
l’autre jour …Ppffffvouppp …
il a avalé un bout de bolduc
il s’est trouvé plein d’amis
ça fait un air de fête dans l’aspiro
de carnaval et de samba
position moquette ? c’est du tango …
Enfin bref, je m’égare,
encore,
revenons à moi...
MAIS …
où est le chemin ?
oui , rappelez-vous ,
je vous ait confié le fait que je m’étais perdu.
Je ne pourrais pas vous dire où,
car sinon, j’irais me chercher dans l’instant …
J’suis perdu, perdu, perdu.
Le dernier souvenir que j’ai de moi c’était …euh …
EN TOMBANT DE L’ESCALIER !!!!
Apres ? … euh ….plus rien …
je devrais retourner là-bas voir si j’y suis
mais comment ?
à pieds ?
mais faudrait-il que j’ai des jambes
pour les porter ses pieds
dans des chaussures que je n’ai pas vu
car je n’ai plus d’yeux …
Car de moi,
j’ai tout perdu,
depuis dans l’escalier la chute,
la chute de cette histoire
cette histoire
sans queue
ni tête
(on peut le dire)
…
Ce texte est un peu sur ma timidité naturelle, puis sur le fait que je suis quelqu’un d’entier. J’ai un peu de mal à parler en civilités, j’aime créer une bulle dans un dialogue, ce n’est pas toujours possible, ce n’est pas toujours facile.
…
Que ce soit en ville, en campagne, en plein désert,
par temps clair, ombragé, sous les grêlons, de nuit,
j’ai la faculté d’un fort regard circulaire…
aigle ou lémurien d’une autre vie
j’évite ceux qui peuvent me reconnaître,
c’est alors que …
je fond dans les murs,
je rase les plinthes,
je m’envole au dessus
ou je creuse en dessous,
je deviens transparent …
j’y arrive si bien que je me demande souvent
si quelqu’un me connaît…
…
Ce texte, j’suis un peu gêné, sur un plaisir qui m’est personnel …et solitaire (grimaçant),
enfin, je ne vais pas tergiverser
…
Mes amis si vous saviez,
la joie que j’éprouve quand
il m’est donné de faire cela
même si c’est toujours trop peu
c’est à chaque fois mieux
des petits moments suspendus
cette sensation douce et ferme
ce sentiment de puissance
ces odeurs âpres et fruités
les carottes, les patates, les courgettes
s’en rapprochent mais …
les poireaux, les céleris, les oignons
s’en éloignent et …
c’est pour moi un réel plaisir,
malheureusement solitaire,
le pelage de navets …
…
Ce texte fut écrit sur quatre années , une sorte de saga amoureuse avec des rebondissements, tout ça …
C’est ma glacière l’héroïne, voila la première partie :
…
Ce lundi matin, comme tant d’autres,
ma tête fourrée dans le fondement,
je pris ma glacière, amoureusement.
Elle avait, surprise, un long drap de tulle accroché.
J’ai compris son message, elle voulait se marier …
Elle, ma compagne m’ayant été si souvent fidèle,
voulait voler de ses ailes, s’éloigner du péché.
En cet instant, j’ai compris son manège,
ses yeux doux et ses manières pour mon thermos.
Je me suis senti trahi,
mais face à l’amour que faire ?
Après tout, lui aussi avait droit au bonheur …
Lui qui comme premier amour avait la cafetière
passant toujours à ses cotés sans le voir
(elle était sacrement culottée).
Que dire de sa passion avec la bouilloire,
frémissante pour lui en ses cris stridents.
Puis de la bouteille d’Evian, sortie du frigidaire,
soufflant le froid dans son chaud …
Je compris d’un coup,
ils sont faits l’un pour l’autre.
Il se blotti dans ses coins, sécurisé, bien calé.
Et ils partent chaque jour, lui dans elle,
se fondre , comme dans un même corps .
Ce matin, quand je les aies réunis,
Je les aies vus, convoler ensemble …
Je fus ému, jaloux, mais après tout qu’importe
de par mon amour pour elle, je ne veux qu’une chose
Qu’elle soit infiniment heureuse ...
Ma douce glacière … au regard vert …
…
Mais la vie n’est pas si simple,
vous les imaginiez dans l’horizon,
l’anse dans la poignée,
plein de petits sacs isothermes autour,
mais …
depuis la glacière s’est entiché d’un jeune,
avec moins de contenance certes, mais …
le vieux thermos, avec le temps, avait des fuites,
toujours aussi chaleureux mais …
dans l’obligation de rester droit …
Je l’aperçois dés fois dans le cellier,
avec pour seul espoir un hypothétique vide grenier,
dans ces moments – là,
je n’ose pas lever les yeux vers lui,
je me sens lâche.
Bien plus encore, quand je lui offre un café …
je sens qu’il n’y croit plus.
C’est sans cœur une glacière, vous savez ?
c’est froid de l’intérieur …
…
Depuis, j’ai réfléchi,
ma glacière est, après tout,
toujours restée à mes cotés,
une fois, je me rappelle, je l’avais gravée,
d’un z qui veut dire Zorro,
qu’un quart de tour transforme en
N qui veut dire Nono,
gravée pourquoi ?
pour ne pas la confondre d’une jumelle
comme si je pouvais me tromper
c’était l’insulter, la déprécier,
ses manifestations étaient, je pense,
des appels au secours,
pour que je revive à ses cotés,
sans m’endormir,
sur tout ce que nous avions partagé …
…
Il y a des phases dans l’amour et successivement
les moments où on tombe amoureux
ceux passionnés
ceux d’amours purs
ceux de tendresse
et ceux …
ceux qu’on craint d’arriver …
Quand je regarde ma glacière …
je sais…je sens…
bientôt elle va me lâcher
et me déballer, déverser
tout le fond d’elle …
Pour me défendre
il faut dire que dés fois
elle s’avérait un peu lourde
je ne l’ai pas ménagé, c’est vrai
mais …
Tout à une fin, faut dire
il arrivera bientôt, je sais
le moment où
me tenant par la main
son corps m’échappera…
Mais
que faire…
quand se profile l’inéluctable ?
car malgré tout
je l’aime …
…
…
Je ne sais pourquoi quand je rentre dans ma cuisine
toujours, j’inspire profondément.
C’est comme quand je fais la bise à quelqu’un :
gauche
inspiration
droite .
Bref , ce matin l’inspiration…..
…fut coupé dans son élan
par le chat
il avait tout embaumé .
Toutes mes portes Ikéa
(bien refermées)
suffoquaient , interdites
Même ma hotte qui d’habitude est
si impériale, dominante
ne savait que faire
Comment est-il possible qu’une chose si menue
puisse produire un tel Tchernobyl domestique ?
Nos vers à soie les font parfumées
notre hamster les fait sèches
nos poissons font dans l’eau
et il y a des chiens
(pour dire)
qui vont à la chasse …
Si je dois prendre ça pour une farce
disons le tout net :
J’ai droit au chat pitre …
…
( mon téléphone sonne dans ma poche , je suis gêné )
Décidément , c’est toujours quand …que .. enfin
( sourire )
…
Tel un battement de cœur, régulier
il revient toutes les deux heures
se rappeler à moi
comme une caresse.
quelqu’un me pense
incessamment , métronomiquement
ne me laisse aucun message
le démystifiant, le déphantasmant .
un dialogue vibrant
puis musical
le garant receleur
est l’obsédant harceleur
appel masqué de mes nuits et mes jours
je t’aime …
…
Un texte sur mon enfant, enfin sur nous deux et sur nos aventures partagées quand il avait quatre ans :
…
Je lui ai dis que …
J’étais un agent secret,
ma cicatrice au poignet
cachait un petit micro
pour joindre l’organisation …
C’est un secret entre nous,
il a pour mission
de repérer le tueur
lancé à mes trousses.
( il s’agit de Johnny Clegg ,dit l’embrouille , il est grand , cheveux blond hirsutes et frisés , lunettes de mouche , pantalon écossais , veste rouge)
Je lui ai dis que …
Quand je passe l’aspirateur
la voisine se colle au plafond ,
que la chasse d’eau se déversait
dans sa chambre d’en dessous ...
Il croit que …
Les voitures ont des yeux …
Les avions des ailes …
Les pierres de lune se raccrochent la nuit …
Il a croisé les enfants de Mary Poppins ,
Il va chercher en lui très loin ,
les choses que le temps oublie .
Il part en courant faire pipi
et se retrouve … dans sa chambre …
Sur la pointe des pieds, et des nuages …
Il s’élève … mais dans les demi-tours,
s’étale, dés fois au milieu du salon …
Mon petit prince charmant …
Bonjour monsieur le soleil , bien dormi ?
que le nuage s’en aille,
sinon, je le bois avec ma paille ( Léo 4 ans )
…
Un texte sur la télé réalité qui peut s’immiscer dans nos vies …là, le bar de la mairie a des accents de star academy
…
( le matin , 8 heures )
Noël, vous êtes demandé en salle d’interview …
peu après ce moment, assis sur l’abatant,
( je m’assois de profil )
Mr Lave Mains me réclama mon humeur du moment …
Si je suis, cher public, devant vous, installé,
c’est, je vous le promet,
sortir de mes triples le plus profond de moi-même,
en ce don me sentir soulagé…
( je me lève )
j’ai su que ce jour sonnerait ma gloire,
dans le flow de la cafetière,
le beat du micro-ondes
le regard de ma glacière
mes envies de nouveaux mondes
c’est ainsi qu’accompagné des acclamations, des bravos,
des hourras de mon rideau à perles anti-mouches,
allez tous avec moi mes pas, suivez moi,
ensemble arrivons… au bar de la mairie …
là, j’aurais trois minutes pour tout déchirer
donner mon maximum pour ne rien regretter,
dire du mal, du bien , ma philosophie ,
remplir ma vie de Nouvelle Star
du bar de la mairie
et me sentir important …
l’espace d’un instant…
…
( Sans transition )
…
Sur l’étagère de mes façades,
où tu disposes
des bouts de nous ,
poussière n’est pas
d’être si fort …
Et si jamais
jamais s’écroule ,
Les pour toujours
et les encore
les mots d’amour
les pour la mort
J’irais chercher…
de vielles équerres
au fond de moi
des bons tasseaux
des planches en bois
Pour…
te reconstruire
à en mourir
et peut être
oui peut être …
enfin renaître …
…
( d’un coup , j’fais attention à ma glacière , je vais relever le couvercle et je le vois , j’suis attendri )
…
Bien plié dans le fond de la glacière, sous le thermos et les couverts,
il est là,
bien caché…
C’est un bébé Goncourt qui fait ma fierté…
Quand j’en ai accouché il faisait 85 grammes et tant de personnalité déjà.
Vous me direz " oui mais tu dis cela car c’est ton enfant «,
vous ne pouvez pas comprendre, il faut le voir ….
Dépenaillé sur le coté d’avoir coupé le cordon de la spirale.
Noirci de peur, d’imagination, d’évasion,
tout petit mais …
si grand.
J’ai peur de le montrer,
qu’il me rende célèbre, adulé, détesté, courtisé …
comprenez...
c’est si soudain …
C’est pourquoi il va sans doute rester un peu là,
bien plié dans le fond de la glacière,
sous le thermos et les couverts ,
là ,
bien caché …
Ça vaut mieux pour nous ..
…
( Sans transition )
…
Là où je vis
où je m’isole
où des bras de nuages
où des plumes sans pages
doucement m’immolent …
là où je vis
je saigne un peu ,
tachant mes passages
signant des images
nourrir un feu
un peu…
là où je vis
les yeux fermés ,
mon cœur en glace
meurt sur place …
là où je vis
les bras fermés
je meurs de froid
je meurs d’aimer …
…
( je suis un peu speed et préoccupé , je prends un diable pour faire les courses avec moi , je fais le tour de la salle en parlant tout seul , m’exclamant dés fois )
…
Et voilà ! Ça c’est le truc qui me rend complètement fou.
Le moment où, arrivé au supermarché je me rends compte que je ne sais pas où se trouve ma liste de course. Cette feuille de bristol à petits carreaux vert pale cartonné que j’ai décroché des autres juste avant de partir.
Je me rappelle bien , l’avoir fait glisser de la pince à linge du support mural de condiments , non sans avoir recadré toutes ses autres fiches bristols vert pales consœurs . Mais là, où s’est elle cachée ?
Je me rappelle tout d’elle, la texture de sa peau, le son qu’elle fit quand elle se plia sous mes doigts, puis, son regard quand je m’approchais…
J’ai en horreur l’idée qu’elle soit seule, qu’elle ait peur ,nous qui avons déjà tant partagé … ces moments où l’appréhension de manquer de café , de chapelure s’estompait quand elle s’écrivait si bien, sans crisser un instant.
Nous qui avons tant ri lorsque nous avons vu ensemble que les cornichons et les concombres se suivaient comme des enfants précédant leurs mamans.
Puis que dire de son désir de séduction quand elle me proposa un jour, au détour d’un regard l’air de rien, de n’acheter que des articles en c pour qu’elle ne me paraisse jamais négligée.
Oui, ainsi tout les c se retrouvaient convenablement alignées sur la ligne verticale du deuxième petit carreau, ce qui convenait parfaitement à ma cuisine, elle si coquette et soucieuse de le rester (nous en avons parlé ensemble justement hier soir). Cela scella entre nous trois un grand moment d’harmonie…
Où est-elle ? Veut-elle éprouver mon attachement ? Ressentir ma souffrance de tant de négligence ? Moi, qui d’habitude la cale avec soin dans le coin de mon cabas calé dans mon caddy, qui la sait là, me rassurant de sa présence.
Entre nous ces mots que sont cidre crêpes crevettes carottes choux canards comté crépinette camembert champignon ciboulette chocolat croquettes de chat cacahouetes cookies confiture de coings côtelettes sont autant de promesses d’amour dont les c alignés sont des parenthèses jamais fermées… des horizons ouverts …
On pourrait me dire : mais tu n’en a pas besoin, tu prends toujours les mêmes produits, méthodiquement et chronologiquement selon ton rituel parcours dans l’hypermarché … vous ne pouvez pas comprendre….pas saisir les concessions mutuelles qui m’ont fait renoncer au pepsi pour le coca, qui la laisse des journées entières dans la cuisine à m’attendre, sans jamais un reproche ...
Chaque semaine , c’est comme si nous réécrivions notre histoire , l’exaltation d’un territoire vierge où tout renaît , savoir alterner les différentes couleurs de stylos bille pour se surprendre , et dés fois , soyons fous , se saisir d’une plume et d’un encrier pour nous rapprocher … nous rapprocher de l’extase du samedi aprèm …
Je vous le dis discrètement, je ne l’oublierais pas, main sur le cœur …… oooohhhhh, mais j’y croooiiiiiis paaaaaas …. Dans la poche de ma chemise, bien lovée contre moi, comme un papillon blessé, fragile, à ma merci d’un oubli dans la machine à laver.
Ah au fait, la machine à laver dans le cellier près du frigo, quand j’y repense …
quelle salope !!!
…
Un texte sur la télé réalité encore
…
J’aurais du m’en douter…
Le fameux jour où ils sont tous arrivés
avec leurs tours en fer , leurs caméras en armes ,
leur porte voix à fond , leur regards arrogants ,
le jour où la mémé était absente .
Ils ont monté une régie dans son grenier,
ils ont jeté les clés, les dés aussi ...
La mémé rentrée, l’émission put commencer.
Ainsi chaque soir à 18h30,
zoom, travelling , gros plan sur la misère ,
spectacle édifiant sur la solitude.
Voyez, messieurs , mesdames ce qui arrive ,
quand tout et tous vous abandonnent ...
C’est tant banal que ça en est de l’art ,
s’écrie en cœur l’intelligentsia happée ,
même le foot au comptoir des bistrots ,
laisse place aux journées de la mémé …
Pour mettre un peu de piment dans l’émission
ils ont trouvé un neveu , lointain aïeul,
en mal de spot light pour éclairer sa vie ,
il raconta en quelques mots vendeurs :
Pourquoi et comment elle n’avait pas eu d’enfants,
que les vieux la disaient pas farouche ,
que les sous bois tremblaient les soirs de bals ,
qu’un jour elle fut enceinte , on ne sait comment ,
que le bébé fut mort né bizarrement …
De suite après, je les aie vus installer
une plaque en plexiglas où c’était gravé,
ceci pour les touristes accourus de France.
Vraiment dingue tout se qui peut se dire
à propos de quelqu’un sans importance .
C’est un scandale, je me dis chaque soir,
au fond du canapé, whisky glace en main,
mais c’est intéressant … euh … sociologiquement .
Jusqu'à quand ça va durer ? Disent des gens,
suspendus à un col du fémur, une glissade,
une mauvaise grippe, une diarrhée mal soignée,
Soucieux de maintenir l’audience,
les producteurs, la chaîne , les sponsors,
décidèrent d’enfin planifier la fin .
Fut organisé par SMS pas cher,
des paris sur la mort de la grand-mère.
L’heureux gagnant pour un simple appel,
gagne une année sabbatique au soleil,
et , quelle chance ... un passage à la télé .
Dans toute la France, les home-cinémas
guettèrent, l’ombre d’un dernier souffle.
Jusqu’au soir, en plein prime time,
la mémé libera l’antenne à jamais,
sa disparition fut homologuée par deux huissiers …
Le monde est minuscule, voyez vous ,
car un des deux gagnant était, c’est dingue ,
Son livreur de lait qui passait tout les jours …
Les français éplorés furent rassurés,
des dvd best-of sortiront demain.
Mais ce n’est pas tout !
pour nous la vie continue.
C’est une chance d’être en spectacle.
Postulez mairies , maison de retraites ,
publicité gratuite pour le gagnant .
Bientôt de nouveau sur vos écrans
vie et mort des mémés , saison 5 …
Il m’arrive de passer à juste à coté ,
de cette vieille maison devenue musée ,
dont je connais les moindres coins ,via mon écran .
Quand je rentre chez moi, un peu après .
Là, tout au fond, au fond du canapé …
Un whisky glace à la main ……
je pleure …
…
( après un moment , je me passe la main sur le visage , je change de masque )
Connaissez vous mon rire ?
Le connaissez vous vraiment mon rire d’extra terrestre ?
…
Savez vous mon rire ?
un idiot que je me suis inventé
rentré en moi naturellement ..
s’échappant en alien , régulièrement .
dés que trop décontracté , en confiance,
il s’envole , le captif indomptable,
et que de l’entendre , de l’entendre
ça me fait rire, rire… et tout autour …
j’ai peur
de lancer sans l’arrêter un jour
une boucle sans fin
une ronde
des tordus en deux …
…
( je vais derrière un paravent , je ressort avec une casquette à l’endroit , mon polo boutonné jusqu’en haut , des chaussures hautes marrons , j’suis en short , je monte sur une chaise de bar représentant une chaise haute )
…
Mes jambes pendaient
par dessus la chaise
métronomes incertains ,
sans envie , je regardais …
cette purée tiède ,
où survivait du jambon
lambeaux de corps ?
d’un naufrage ? d’un radeau ?
" MAIS MANGE !!!
QU'EST-CE QUE TU ATTENDS ?
ça fait grandir !"
je n’étais pas convaincu ,
je ne voyais là rien de magique …
juste une assiette trop grande
se remplissant par dessous …
un gros mensonge …
j’ai tout mangé ,
je n’ai jamais grandi …
Mes jambes pendaient,
s’amputaient lentement ,
du frottement de la toile ,
cirée, tombante, rouge sang …
c’était un adversaire impressionnant ,
aux cicatrices visibles , profondes ,
d’avoir combattu mille couteaux
tant cruels , avec les saucissons …
" MAIS MANGE !!!
A QUOI TU REVES ?
on ne va pas y passer toute la vie ! "
(c’était une diversion parentale ,
sensé me faire perdre mon invisible combat) .
alors … je serrais mes genoux
espérant me remettre debout ….
bientôt
je pense me mentir souvent ….
quand je me dis :
bientôt …
je me réveillerais …
…
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