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Toujours m’impressionne
le placard de ma cuisine,
pas celui des couverts, bien rangé,
celui des pates, bocaux et farines
Dès qu’ouvert, il dresse remparts,
me disant :
« hop ! passez votre chemin,
c’est complet ! »
ne semblant point disposés à laisser entrer
d’autres boites, d’autres paquets
comme si l’intrus par ma main intronisé
allait percer le secret de son fond oublié
où les graines mités et les conserves bombés
tiennent les autres en bouclier et en respect
alors … pour insérer l’achat fraichement acheté
de la porte je me sers souvent de levier
je les entends couiner, s’écraser, s’esquicher…
passé un moment, celui du silence restauré
j’ouvre à nouveau et les vois pavoiser
me dire sans sourciller :
« hop ! même pas mal
passez votre chemin, ne voyez vous pas ?
c’est complet ! »
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